Piliers de la création (dans la nébuleuse de l'Aigle)

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Détails de la prise de vue

Messier 16 est une région très chamarrée de formation d’étoiles très active, apparaissant dans la constellation Serpens Cauda. Ce nuage géant de gaz interstellaire et de poussière est communément connu comme la nébuleuse de l’Aigle, et a déjà créé un amas de jeunes étoiles. La nébuleuse est également appelée la nébuleuse Star Queen, et IC 4703. L’amas est NGC 6611. Découverte et observation L’amas fut découvert par Philippe Loys de Cheseaux en 1745-1746, qui ne fit aucune mention de la nébuleuse. Charles Messier redécouvrit indépendamment l’amas en 1764, et décrivit des étoiles comme « maillées en une faible lueur », suggérant qu’il avait découvert la nébuleuse également. Les Herschels n’ont apparemment pas perçu la nébuleuse, donc leurs catalogues (et par voie de conséquence le NGC) décrivent seulement l’amas. La nébuleuse fut probablement photographiée pour la première fois par E.E. Barnard en 1895, ou par Isaac Roberts en 1897. Suivant les découvertes de Robert, la nébuleuse fut ajoutée au second Indexe du catalogue en 1908 comme IC 4703, «avec l’amas M 16 prit en compte». M 16 est trouvable plutôt aisément, proche des frontières de Serpens Cauda avec le Bouclier et le Sagittaire. En partant d’Altaïr (? Aquilae), suivez ? et ? Aql jusqu’à Gamma Scuti. M 16 se trouve à environ 2-1/2 degrés à l’ouest de cette étoile. La nébuleuse Oméga (M 17) est à 2 degrés SO de ? Sct. Avec une magnitude visuelle de 6,4, et un diamètre apparent de 7’, l’amas d’étoiles de la nébuleuse de l’Aigle est mieux observé avec des télescopes à faible puissance. L’étoile la plus brillante de l’amas a une magnitude apparente de +8,24, facilement visible avec des jumelles de bonne qualité. Une longue vue de 4" révèle environ 20 étoiles sur un fond irrégulier d’étoiles pâles et une nébulosité. Trois concentrations nébulaires peuvent être entraperçues sous de bonnes conditions. Sous d’excellentes conditions, des suggestions de matière obscurcissante noire est visible dans le nord de l’amas. Dans un télescope de 8" à faible puissance, M 16 est un objet impressionnant. La nébuleuse s’étend bien plus loin vers l’extérieur, pour atteindre un diamètre de plus de 30’. Elle est remplie de régions sombres et de globules, incluant une colonne noire particulière et une bordure lumineuse autour de l’amas. Les traits de la nébuleuse sont parfois décrits comme ressemblant à un trèfle à trois feuilles. La nébuleuse de l’aigle est mieux observée dans des photographies, mais les filtres à plus grande ouverture et les filtres O-III peuvent aider à tracer certains détails visuellement. Plus de piliers sombres, également connus comme « Trompes d’éléphant », peuvent également être vus par de grands instruments amateurs (ouverture de 12" et plus). Propriétés et Évolution La nébuleuse de l’aigle se trouve à environ 7000 années-lumière de nous dans le bras Sagittaire-Carène de notre galaxie - le bras suivant courbé vers nous. À cette distance, le diamètre angulaire de l’amas correspond à une dimension linéaire d’environ 15 années-lumière. La nébuleuse s’étend bien plus loin, pour atteindre des dimensions de 70 * 55 années-lumière. M 16 pourrait former un complexe géant avec M 17, la nébuleuse Oméga, au sud dans le Sagittaire. L’essaim stellaire de M 16 est seulement âgé d’environ 5,5 millions d’années-lumière, avec les étoiles les plus chaudes et les plus jeunes de type spectral O6. Excité par les radiations ultraviolettes à haute énergie de ces étoiles massives, ce grand nuage de gaz interstellaire brille par fluorescence. Les images capturées en 1995 par le télescope spatial Hubble ont grandement amélioré notre connaissance du processus de formation d’étoiles au sein d’une nébuleuse. L'une de ces images, une photographie célèbre connue comme « les Piliers de la Création », décrit une grande région de formation d’étoiles dont les petites zones sombres sont, on pense, des protoétoiles. À l’extrémité de chaque pilier, la lumière ultraviolette intense d’étoiles qui viennent de naître vaporise du gaz d’hydrogène, et donne forme aux structures appelées « EGG » (Evaporating Gaseous Globules). En 2007, des scientifiques utilisant le télescope spatial Spitzer ont mis en évidence que les piliers avaient en réalité été détruits par l’explosion d'une supernova il y a environ 6000 ans. Mais la lumière montrant leur destruction, et donc la nouvelle forme de la nébuleuse n’atteindra pas la Terre avant encore un millénaire.